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Réponse d'Adrien Bellay et Clément Fleith suite à notre critique du film « L'éveil de la permaculture »

Fri, 07 Jul 2017 13:39:00 +0000 - (source)

 

(Visible sur la page 01 ADRIEN CLEMENT 900x506Facebook du fil l'Éveil de la permaculture, en réponse à l'émission de radio qui dénonçait le parti pris du film et qu'on peut retrouver ici )

« La permaculture En Marche ! Business et Scolarisation !”* Récupération ou paranoïa ? A propos des critiques sur la perma.

*D’après S. Rochex et son site “Déscolarisation”.

Nous avons trouvé de beaux détracteurs !! Ce ne sont pas les seuls bien entendu, mais on va en profiter pour lever le voile sur les critiques qui montent autour de la permaculture depuis quelques années en France.


Ils n’en sont d’ailleurs pas à leur premier essai sur le sujet, ils sont aussi à l’origine d’un sketch qui dénonçait la permaculture commerciale et c’est assez marrant à vrai dire !


Tout d’abord, merci à eux d’avoir pris une heure d’émission pour parler du film ! Sans parler du temps à rédiger un article et à détourner l’affiche !


LIBERTÉ D’EXPRESSION OK, LIBERTÉ DE NUIRE NON ! C’est pourquoi on a décidé de répondre à leur émission de radio - et de nuancer voire démentir un certain nombre de leurs propos. Même s’il faut l’avouer, et cela fait souvent l'objet des discussions post-projection, ils mettent le doigt sur des vérités, et on va en profiter aussi pour leur donner raison sur certains points.

 

Film promotionnel, de propagande… Non il ne s’agit pas d’un film de propagande, mais d’un documentaire. Qui d'ailleurs tente de nuancer son propos en critiquant justement la formation trop universitaire façon “école des perroquets”, le manque de pratique, en évoquant les limites de la permaculture (l’accès au foncier, la formation à outrance, le problème de la main d’œuvre)... François Léger, ingénieur agronome, un des intervenants du film, évoque d’ailleurs “le business” de la permaculture. Certains vendent de la permaculture, se revendiquent de la permaculture, car c’est leur activité, comme d’autres peuvent vivre de la vente de la production issue d’une agriculture inspirée de permaculture… C’est un fait !
Ils scandent : “On a l’impression que la permaculture se définit à travers des cours de formation de permaculture”. C’est bien la proposition ! Profiter des formations pour découvrir les éthiques et les principes qui structurent la permaculture. Aussi, le début et la fin du film le rappellent, la permaculture ne se réduit pas à la formation (fort heureusement !), des fermes axées exclusivement vers la production émergent sans compter les innombrables lieux tournés vers l’autosuffisance...


On les invite à se rendre sur le site du film qui explique comment ce projet est né, à savoir lors d’une formation en permaculture : http://leveildelapermaculture-lefilm.com/le-film/intention/. Nous avons choisi de définir les concepts clés de la permaculture en nous servant de ces formations. Ça nous a permis une approche pédagogique, en y mêlant extrait de cours, description de techniques et dessins animés explicatifs. Et bien sûr, donner la parole aux acteurs du mouvement et qu’ils puissent nous raconter leurs histoires et leurs parcours de vie. Ce film est avant tout un documentaire sur le mouvement de la permaculture en 2014-2015, c’est à dire que nous avons voulu représenter le mouvement tel que nous le percevions lorsque nous sommes rentrés dans l’univers de la permaculture, par la formation. Il s’agit d’un choix. Un choix d’auteur, pris en toute indépendance, sans subir de pression de la part de quiconque. On aurait pu aborder le sujet d’une autre façon, nous avons choisi de le faire sous cet angle là.


S’il y a autant de formations à l’écran - et des prises de note ! - , c’est donc surtout parce que c’était le reflet d’une certaine réalité à cette époque : toute la visibilité du mouvement se faisait à travers les formations, quant aux fermes qui se revendiquaient de la permaculture, il n’y en avait pas pléthore !


Reprenons quelques thématiques abordées dans l’émission :


1/ Le refus de l’idée du design alors que c’est pourtant le concept opérationnel de base en permaculture. On vous renvoie vers les ouvrages de B. Mollison et D. Holmgren présentés sur le site : http://leveildelapermaculture-lefilm.com/agir/ressources/. Alors oui cela fait appel au bon sens paysan, à l’intuition même. Certains diront que l’on peut se passer de plan, très bien. C’est selon les sensibilités, mais la permaculture propose une réflexion autour de la conception, de la création, de l'aménagement d’un lieu. Quoi de mal à cela ?
Soit disant on cherche à complexifier en employant le terme “design” (on aime pas les anglicisme ici en France, ça sert à “impressionner l’auditoire”) mais c’est pourtant proposer une méthodologie structurante qui va aider à canaliser savoir et créativité. On cherchait justement à faire rentrer la complexité de la nature dans un cadre lisible et simplifié ! Ok pour traduire “design” par “pensée” ou même “projet”...

Attention, on confond souvent ces deux idées :


Permaculture (B. Molisson, D. Holmgren)


Agriculture Naturelle (M. Fukuoka), dont on rappelle les 4 principes :
-Ne pas cultiver, c'est-à-dire ne pas labourer ou retourner la terre.
-Pas de fertilisant chimique ou de compost préparé.
-Ne pas désherber, ni mécaniquement, ni aux herbicides.
-Pas de dépendance envers les produits chimiques.


La permaculture intègre ces notions d’Agriculture Naturelle mais ne saurait s’en contenter !


2/ L’autre point d’accroche : la permaculture peut aussi se pratiquer sur de grandes propriétés. Eh bien tant mieux, on peut l’appliquer en effet à toutes les échelles. On peut pratiquer la permaculture sur 20 hectares (Ferme du Bec Hellouin), sur 40 hectares (Ferme des Darlington) car on y mêle diverses activités, maraîchage, arboriculture, élevage (pour pratiquer du pâturage tournant il est bien pratique d’avoir plusieurs hectares de façon à déplacer les parcs...). Cela serait justement simpliste de penser que l’on doit se cantonner à quelques hectares. Ça serait justement poser une limite inhibitrice dans le cadre d’une permaculture nourricière pour tous. D’autant plus que toutes les parcelles ne se valent pas, et il serait bien difficile d’installer un agriculteur sur les côteaux secs des Darlington alors que leurs brebis y sont clairement adaptées.
Ces propriétaires profitent de leur savoir et de leur terrain pour développer des chantiers participatifs dont ils seraient les seuls bénéficiaires. Alors il est vrai que cet aspect féodal de la permaculture peut-être préoccupante - les pauvres seraient toujours amenés à travailler pour les plus riches sans marge de progression - , mais dans les faits, les chantiers sont très souvent réciproques et on finit toujours par avoir un retour, du moment que l’on acquiert un terrain - ce qui est d’ailleurs facilité par le réseau ainsi constitué...


3/ Dernier point qui cristallise la frustration : l’argent… les formations sont payantes et c’est mal !
Les “leaders charismatiques” du film dispensent en effet des formations payantes (on vous invite à aller voir sur leur site le prix des formations pour vous faire une idée - de 500 à 1500 euros les 12 jours de formation. Là on voit bien qu’il y a un problème, pourquoi de telles marges entre les différents formateurs ?). Formations qui nécessitent de l’expérience sur le terrain de la part des formateurs (de nombreuses années en l'occurrence), du temps de préparation, du temps de présence etc. De la logistique - on est nourri et logé-. Il y a l’investissement aussi de plusieurs intervenants spécialisés qui viennent animer des modules. Faire sans argent aujourd’hui, dans ce cadre là, c’est illusoire ! La plupart des organisateurs que nous avons rencontré offrent des places sur leur stage pour les personnes réellement nécessiteuses. Aussi on sort du cadre hiérarchique, de la subordination maître/élève, et naissent des relations fortes, d’amitiés… Et il y a précisément des moyens d’apprendre la permaculture en se passant d’argent ; trois de ces moyens sont évoqués dans le film : les chantiers participatifs (gratuits!), le wwoofing (gratuit!) ou même les rencontres nationales de la permaculture. Ces moyens sont compris dans l’économie du don. N’oublions pas non plus toutes les vidéos gratuites qui foisonnent sur internet ! A contrario les cours de spécialisation en permaculture ne savent pas encore se passer d’argent.


Nos détracteurs sont aussi en désaccord avec le mode d'enseignement “Cours de Design en Permaculture” ou “PDC”, et en même temps contre l'institutionnalisation de la permaculture; ce qui pour nous est un paradoxe.


Le Cours de Design en Permaculture n’est pas né de la dernière pluie. Élaboré par Bill Mollison et Holmgren eux-mêmes, il est dispensé dans le monde entier. C’est un programme universel de 72h, et qui évolue au fil des années, puisque la permaculture intègre aujourd’hui par exemple aussi des notions d’économie.


Il pose un cadre pour définir ce que doit être pris en compte lors de la transmission du savoir permaculturel. Aussi si l’on ne veut pas que la permaculture s'institutionnalise à la manière de l'agroécologie et ne se résume plus qu’à des techniques agricoles, il faut conserver l’enseignement de la permaculture comme un ensemble de disciplines complémentaires qui permettent d’acquérir une vision holistique.
Ces cours n’ont jamais été dispensés gracieusement… cela viendra peut-être avec le temps.
L’Université Populaire de Permaculture - l’UPP - a été mise en place pour s’assurer de la qualité des cours délivrés, de l’expérience de l’enseignant et justement pour éviter les déviances.
Ces stages sont aujourd’hui insuffisants pour répondre à la demande croissante du public, désireux d’amorcer des changements de vie. Au lieu de dézinguer les quelques formateurs compétents en France, faisons plutôt en sorte d’en faire émerger de nouveaux !! Ceux-ci s’efforceront de diffuser leur savoir le plus largement et le plus massivement possible.
Arguments de mauvaise foi !


Les protagonistes ont investi de l’argent dans le film => FAUX ! Merci de respecter les auteurs du film et leur indépendance. Deux années de travail pour proposer au public ce film. Du financement participatif, des fonds PROPRES, un film 100% indépendant. En aucune façon l’un des intervenant du film n’a financé ou influencé l’écriture du film. Il ne s’agit ni d’un film de propagande ni d’un film de commande.
Les définitions sont données par ces personnes autoproclamées détentrices du savoir de la permaculture => FAUX ! Les définitions données par les permaculteurs ou par la voix off du film sont basés sur les définitions et les écrits de Mollison et Holmgren, fondateurs de la permaculture. Qui eux-même se sont basés sur les écrits de P.A. Yeomans, M. Fukuoka et bien d’autres. Comment remettre en question des décennies de recherches et d’expérimentations !
On voit apparaître les fondations d’une institution (label…) => FAUX ! A aucun moment il n’est évoqué un quelconque label. Le PDC, comme dit plus haut, est intrinsèquement et historiquement lié à la permaculture. L’Université Populaire de Permaculture existe depuis déjà plusieurs années et fonctionne d’une façon horizontale, mise en réseaux de la formation dans le monde francophone...

Plus les gens ont un grand domaine et plus ils demandent cher pour leur stage (référence à Andy et Jessie Darlington qui possèdent 40ha) => FAUX ! Aucun rapport entre la taille du terrain des enseignants et les prix proposés, la majeure partie du temps le cours est d’ailleurs animé chez un hôte qui souhaite initier un projet ou améliorer l’existant.
Esprit de contradiction...

Pour finir si le film est fait de contradictions, c’est justement parce qu’il révèlent les ambiguïtés, les complexités de l’univers de la permaculture et évite de basculer dans la facilité ou le manichéisme. La permaculture est à portée de main, mais en même temps, on se rend bien compte qu’il faut être prêt à y consacrer beaucoup de temps et d’énergie et qu’en effet, il faut atteindre un certain niveau de connaissance pour pouvoir déployer la méthodologie de la permaculture. C’est pourquoi E. Escoffier parle à la fois de la permaculture comme d’une « ingénierie » et finit par dire que la permaculture s'adresse à tout le monde et que « c’est facile, c’est juste un choix » !
Une part de vérité…

Plutôt que de continuer à “lutter contre” profitons-en pour développer un point important que soulève cette critique :
La formation “business”.
Bill Molisson voulait créer une “armée de designers”, aujourd’hui on est en train de créer une “armée de formateurs” !
Évidemment, on est beaucoup à avoir la sensation, et surtout en France, que la permaculture permet de dégager des revenus non pas grâce à la vente de produits, mais plutôt avec la commercialisation de stages, de formations, de gîtes écolos, etc. On connaît peu de maraîchers, arboriculteurs ou bien éleveurs en permaculture.


On pourrait répondre à la question en disant que la permaculture n’a jamais prétendu être une activité professionnelle, mais un cadre de pensée, une méthode de conception permettant de mettre en place des systèmes agraires, économiques ou sociaux durables. Certes. Mais ceci étant dit, si la permaculture est censée permettre l’aménagement de systèmes durables et viables avec un taux de succès honorables, on devrait pouvoir témoigner de cas concrets de réussites, au moins en proportion des projets qu’on voit émerger un peu partout…


Plusieurs éléments expliquent le fossé qui existe entre la magie de la permaculture sur le papier et le peu d’exemples de réussite concrets.


I. Le mar­ché est truqué
L’agriculture conventionnelle est qua­dru­ple­ment subventionnée :
1. par le pay­san qui tra­vaille comme un esclave et qui y laisse sa santé
2. par le ci­toyen qui paie des im­pôts pour les aides agricoles
3. par les ressources fossiles qui four­nissent l’énergie, les engrais et les produits phytosanitaires à petits prix
4. par la na­ture et le sol qu’on épuise comme des res­sources minières

Ainsi, un sys­tème agraire qui se passe de ces sub­ven­tions (ser­vi­tude, aides, in­trants, dé­gra­da­tion) part avec un han­di­cap ma­jeur. Or jus­te­ment un sys­tème permaculturel :
1. est censé ré­duire la quan­tité de tra­vail nécessaire,
2. n’est pas à priori sub­ven­tionné financièrement,
3. n’utilise pas d’énergies fos­siles (sauf peut-être au tout début),
4. et cherche à ag­gra­der le sol et res­tau­rer les écosystèmes.

II. Être pay­san est un vrai métier
Être paysan, c’est l’apprentissage de toute une vie, c’est une énorme masse de savoir-faire qu’il faut maîtriser si l’on imagine gé­rer des éco­sys­tèmes com­plexes de fa­çon suf­fi­sam­ment op­ti­male pour en ti­rer un revenu. Un BPREA, (Bre­vet Pro­fes­sion­nel Res­pon­sable d’Exploitation Agri­cole), c’est 1400h et à la fin, on est seule­ment chef d’exploitation, on n’est pas en­core pay­san, loin de là. La formation pour être « concepteur en permaculture », c’est un PDC, un « Per­ma­cul­ture De­sign Course », ins­ti­tué par les fon­da­teurs aus­tra­liens, et c’est 72 heures de théo­rie avec un peu de pra­tique.

III. Du design à la production, un fossé
La concep­tion per­ma­cul­tu­relle fournit une méthodologie et des idées sur la fa­çon d’agencer le pay­sage et les élé­ments pour qu’ils in­ter­agissent, pour que les dé­chets des uns soient la nour­ri­ture des autres, pour que rien ne soit ja­mais perdu, etc. Sur le pa­pier, tout est beau. Et comme les idées se basent sur l’observation mi­nu­tieuse du fonc­tion­ne­ment de la na­ture, on se per­suade qu’elles doivent fonc­tion­ner du pre­mier coup. Que nenni ! Les livres de per­ma­cul­ture sont pleins de jo­lis des­sins, mais il faut un peu les consi­dé­rer comme les des­sins d’engins vo­lants de Léo­nard de Vinci : tant qu’on ne les a pas vus vo­ler, ce ne sont que de jo­lis dessins.

Mais dans la réalité chacun doit adapter ces idées à son terrain et à son contexte, cela nécessite de consa­crer d’importants ef­forts à la dif­fi­cile et longue mise au point des idées is­sues de la phase de concep­tion, avec pro­ba­ble­ment beau­coup de dé­boires et de désillusions.

Alors, peut-on vivre de la permaculture ?
Ceci étant dit, on comprend pourquoi il est difficile de réellement « vivre de la permaculture». Mais si l’on a compris que la pro­duc­tion de nour­ri­ture de­vra opé­rer bien­tôt une des­cente éner­gé­tique, alors la permaculture sera indispensable. Si la permaculture aujourd’hui ne permet pas de « vivre de son exploitation », elle peut permettre, petit à petit, à plus de gens de vivre, tout simplement. Dans les pays dits développés, il n’existe encore que peu de permaculteurs qui vivent de leur passion, en donnant des cours et des conférences, en écrivant des articles et des livres.
Pour com­pen­ser le han­di­cap fi­nan­cier, on com­prend pour­quoi beaucoup de per­ma­cul­teurs trouvent des moyens de sub­ven­tion­ner leur ac­ti­vité d’une fa­çon ou d’une autre. A tra­vers des cours, des confé­rences, des livres, ou tout autre mé­tier connexe ou pa­ral­lèle. Et vu sous cet angle, c’est moins fa­cile de les critiquer…

Adrien Bellay & Clément Fleith

 

 


Réponse à Clément Fleith et Adrien Bellay

Fri, 07 Jul 2017 06:58:26 +0000 - (source)

TAMISMerci d'avoir pris le temps de critiquer notre critique du film l'Éveil de la permaculture. L'étymologie de critique nous ramène vers l'idée de passer au tamis. Ainsi donc voici: la critique de la critique de la critique! Le film et l'idée de permaculture triplement passés au tamis, ce qui permet de dégrossir de façon substantielle le sujet qui nous intéresse, à savoir déjouer le piège tendu face à la permaculture, sa récupération par la sphère marchande plutôt que l'émancipation de tout un chacun.

Nous ne sommes délibérément pas d'accord sur un point. Vous êtes libres du choix pris pour présenter la permaculture, qui est celui de la formation. Mais selon nous cette approche n'est pas neutre, ce n'est pas une simple porte d'entrée qui permettrait d'accéder à la connaissance de la permaculture avec « une approche pédagogique », « des extraits de cours », pour « définir les concepts clés de la permaculture en nous servant de ces formations ». Selon nous, cet axe choisi contient en lui-même d'immenses problématiques. Il vous paraît également paradoxal que l'on se positionne à la fois contre les « Cours en Design en Permaculture » ou « PDC » et contre l'institutionnalisation de la permaculture. Et vous écrivez pour justifier cela: « Le cours en design en permaculture n'est pas né de la dernière pluie. Élaboré par Bill Mollison et David Holmgren eux-mêmes [amen!], il est dispensé dans le monde entier. C'est un programme universel de 72H et qui évolue au fil des années (...). Il pose un cadre pour définir ce qui doit être pris en compte lors de la transmission du savoir. (...) L'Université Populaire de Permaculture a été mise en place pour s'assurer de la qualité des cours délivrés, de l'expérience de l'enseignant et justement pour éviter les déviances ».

« Mais qui arbitre ceux qui veulent arbitrer ? » demande Keny Arkana ...

Il y a une grande puissance néfaste à ce qu'une poignée de personnes statuent que LA définition de la permaculture est celle donnée par Mollisson et Holmgrem, et de s'en proclamer détenteurs, certifiés, conformes, autorisés pour transmettre cette pensée. Pour plusieurs raisons: d'abord parce que beaucoup de personnes ont pu lire Mollisson et Holmgren sans avoir de « P.D.C », et en quoi leur interprétation serait-elle moins valable que celle des membres de l'U.P.P ?

Ensuite et surtout, parce que le diplôme et le contenu de la formation verrouillent la permaculture, la normalisent, lui donnent un contenu précis, qui se sclérose, car immuable. Et si le contenu évolue, « la permaculture intègre aujourd'hui par exemple de notions d'économie » (!!!) qui décide de ce qui peut s'intégrer ou non dans cette évolution?

La permaculture est une idée, donc libre d'interprétation, d'application et de mise en pratique. On peut évidemment remercier, reconnaître les travaux de Mollisson et Holmgren et s'en inspirer, mais de là à la sanctuariser dans un diplôme, c'est faire mourir la force vive contenue dans l'idée même de permaculture. Ces deux personnes ont fait un immense travail d'observation, d'expérimentation et de théorisation, remis à l'humanité comme base d'une oeuvre collective à continuer. Quel sens à tout cela si l'on ne peut pas, librement, s'en emparer, examiner, soupeser, critiquer, et continuer à étoffer la recherche en s'autorisant des digressions, des interprétations nouvelles, sans que celles-ci ne soient jugées « déviance » par un organisme auto-proclamé conforme aux premiers écrits, qui contrôlerait à son propre profit l'usage que l'on pourrait faire de la permaculture. Quelle pauvreté pour la pensée et l'expérience que tout cela!!! Sans compter que  nous ne pouvons pas ignorer non plus le conflit d'intérêts évident qui existe, dans le fait de dispenser des formations payantes et d'instituer une formation avec d'un côté ceux qui peuvent former et qui donc seront rémunérés, et les autres...

En ça il n'y a aucun paradoxe entre « P.D.C » et institutionnalisation de la permaculture, mais au contraire une logique implacable « en marche ». L'institutionnalisation, sous la forme qu'elle revêt aujourd'hui, c'est exactement ça: un organisme extérieur qui contrôle et valide si telle définition, telle pratique est conforme, légale, valable ou non. Elle fait figure d'autorité, avec des « spécialistes » qui donnent crédit à tel ou tel courant de pensée, qui dispensent des formations; implicitement cette configuration implique des « déviants », ceux qui n'appartiennent pas à la communauté restreinte et élitiste des sachants, ni à celle plus vaste et docile des apprenants qui tend à vouloir prendre la place des premiers ou tout au moins à se hisser à leur niveau. La parole de ceux qui ne se reconnaissent dans aucun de ces rôles est écartée, infériorisée, discréditée, oubliée, méprisée d'autant plus si elle prend le contre-pied des doctrines en vigueur. C'est la structure même de notre société, pyramidale, hiérarchisée à outrance; et la permaculture, dont les principes reposent pourtant sur l'interdépendance, les synergies et les interactions multiples, engoncée dans le P.D.C et sa relation maître/élève, n'échappe aujourd'hui pas à ce piège et contribue à perpétuer ce modèle!

Une institution pourrait fonctionner autrement, cette structure n'est pas une fatalité historique... Elle est le résultat de la confiscation du pouvoir par un petit nombre, négligeant la participation de tous à la vie publique, dans tous les domaines de l'existence, afin de favoriser des intérêts privés au détriment du bien commun.

Nous reprenons presque quotidiennement les termes d'Ivan Illich qui parle de « scolarisation » du monde pour mettre en lumière la façon dont les institutions - à commencer par celle de l'école- prennent en main nos existences et définissent pour nous ce que sont la médecine, la politique, l'histoire, l'agriculture, le travail... Voyez-vous le lien avec la permaculture et les « P.D.C?» ??? Nous sommes des êtres scolarisés. Notre pouvoir créateur, novateur, nous est confisqué au profit de ceux qui savent et nous en sommes réduits à l'état d'ignorants perpétuels, ou contrôlés via le diplôme ou diverses validations. Nous pourrions pourtant nous réunir librement, de manière égalitaire, et partager nos connaissances respectives et nous enrichir mutuellement. Mais la structure de l'apprentissage aujourd'hui est toute autre et empêche l'émergence de ce modèle-là.

Aussi vous vous trompez quand vous dites que l'U.P.P fonctionne de manière horizontale. Si aujourd'hui je souhaite rejoindre la liste des formateurs en permaculture on exigera de moi le P.D.C pour m'aligner aux connaissances prétendument exactes concernant la permaculture, à la manière d'un parti politique qui a monopolisé la permaculture, ou comme les premiers bénéficiaires du droit de vote qui votaient sous réserve d'avoir suffisamment d'argent pour participer à la vie politique...

Vous dites que ce diplôme permet de transmettre fidèlement l'essence même de la permaculture et d'éviter les récupérations, comme l'agriculture biologie et l'agro-écologie ont été récupérées, mais je pense que cette main-mise sur la permaculture n'évite en rien la récupération et même l'encourage. Ce qui manque réellement pour éviter la récupération de la permaculture, c'est un contre-poids citoyen, une vigilance et un contrôle de chacun d'entre nous, et non de manière isolée mais collective, sur les manoeuvres de nos dirigeants qui tenteront dès que possible d'encourager l'usage de tel ou tel produit phytosanitaire, proposeront des formations orientées vers une logique implacablement économique -comme d'ailleurs la Ferme du Bec Hallouin, copieusement subventionnée, fait vitrine de cette orientation marchande aujourd'hui.  Quelle maladie de vouloir à tout prix mesurer la pérennité d'un mouvement par sa réussite professionnelle et commerciale, alors que cela au contraire démontre sa récupération par un système de pensée délétère basé sur l'échange marchand plutôt que sur la relation d'égal à égal! Je vous invite à lire à ce sujet l'article que j'ai écrit il y a quelques temps: La permaculture, vous en vivez?

La permaculture tend vers l'entraide, la disparition progressive de l'argent, de la compétition, vers la reconstruction d'une société digne de ce nom, où nous sommes reliés les uns aux autres sans vendre nos compétences, mais en les partageant pour le bien de tous...

Nous en arrivons à l'immense écueil de l'argent...

Car notre critique de l'argent se situe au delà du simple « les formations sont payantes, et c'est mal ». De fait, aujourd'hui, la posture couramment adoptée est celle de considérer que c'est une force neutre qu'on utilise à bon ou mauvais escient. Or, chaque pièce de monnaie que nous échangeons contre un service ou un bien, une formation en permaculture ou un kilo de tomates bio, a été frappée par une banque privée, et qu'on le veuille ou non, contribue à son fonctionnement, et à la logique de concurrence sans pitié qu'elle programme.

Une petite plongée dans l'histoire me paraît ici importante pour prendre du recul sur nos pratiques commerciales de tout ordre, et voir à quel point elles  répondent à la mise en place d'un mécanisme précis au détriment de chacun d'en nous. Depuis 1791 et la récupération par les bourgeois de la révolution, l'histoire est celle de l'installation progressive au pouvoir des industriels, grands propriétaires et financiers, par à coup successifs, leur monopole s'enracinant toujours plus profondément avec les répressions sanglantes des mouvements contestataires du peuple face à l'injustice et l'oppression, et la mise en place d'organisme de contrôles toujours plus puissants pour éviter les débordements et l'expérimentation de pratiques non conformes aux intérêts privés. En 1830 l'industrie privée explose à la manière d'un feu d'artifice et monopolise sans remords tout l'espace, en s'octroyant par exemple la gestion des chemins de fer... Cette manoeuvre n'échappe pas à certains esprits éclairés, qui dénoncent l'iniquité d'une telle situation et élaborent des techniques pour émanciper le peuple, le libérer de la concurrence odieuse qui pousse chacun à se vendre au plus offrant. Avec le développement de l'industrie, la condition des travailleurs se dégrade comme jamais dans l'histoire: les ouvriers vivent parqués dans des caves, travaillent, tout âges confondus, de douze à quinze heures par jour. Les femmes perdent en couche leurs enfants tant elles sont épuisées et malmenées.

 On comprendra sans mal qu'en colère, épuisés, les ouvriers aient été porter leurs réclamations au hommes de pouvoir en place. Face à la détermination et à la colère de ceux-là, ces messieurs encostumés prirent peur et concédèrent au peuple l'ouverture des ateliers nationaux, sensés porter coup fatal à l'entreprise privée, puisque la logique n'était pas celle de la concurrence mais de l'entraide. Mais sitôt l'occasion présentée, le pouvoir ayant mis en oeuvre les moyens de discréditer et de calomnier  les velléités maladives du peuple, et de constituer une armée solide, mit fin à ces réclamations en saignant le peuple pour lui donner une bonne leçon, pour l'inviter à garder sa place! Ce que les livres d'histoire appellent 1ère République n'est autre que l'odieuse manoeuvre des industriels et financiers pour effacer de la carte le peuple et ses revendications égalitaires, et la mise en place d'un régime qui, contrôlé par la presse et l'argent, par la division et la mise en compétition de tous, mit en place le suffrage universel pour créer l'illusion du partage des charges et ainsi, la pérennité de l'entreprise privée et le contrôle du peuple. Je conseille ici la lecture passionnante du livre de Guillemin: 1848 ou la 1ère résurrection de la République. La République, régime tant chanté et vanté par nos institutions depuis notre tendre enfance, qui nous aurait libérée de la monarchie et de la servitude, n'est qu'un simulacre voué à nous tromper, pour maintenir la domination et l'enraciner profondément.

Deux partis se sont affrontés tout au long du XIXè siècle: d'un côté ceux qui prônent la concurrence, profitable à un petit nombre, de l'autre ceux qui revendiquent l'entraide profitable à tous. Le pouvoir étant aux mains des premiers, les seconds furent discrédités, calomniés, saignés jusqu'à épuisement, jusqu'à résignation. Par soubresauts, le peuple a tenté à plusieurs reprises de reconquérir sa dignité, de recréer société là où la concurrence règnait sans partage: chaque fois il fut violemment réprimé. L'institution de l'école obligatoire en 1871, après la dernière révolte populaire matée (La Commune de Paris), vient mettre un point final aux lubies pathologiques de ce peuple qui rêve d'égalité et de partage. « Avec l'école, nous allons clore l'ère des révolutions », exultait Jules Ferry. En programmant l'éducation de tout un peuple selon les idées "républicaines" de compétition, de travail, de concurrence, il modèle chacun à la loi de l'argent et de l'intérêt privé...

Nous sommes tous héritiers de cette sombre histoire, nous portons la peur en nous, transmise par nos ancêtres, dans nos chairs: la fraternité, lorsqu'on la revendique, tue. Nous portons cette vérité au plus profond de nos inconscients, individuels et collectifs, mais l'histoire officielle affiche une autre version, et parle d'émancipation, de progrès, de libération, quand nous sommes devenus les répliques de ce modèle fondé sur la concurrence, quand les liens qui unissait les membres d'une communauté ont été détruit méthodiquement. Chacun voulant tirer son épingle du jeu, on devient des adversaires les uns pour les autres. Un maraîcher peste de voir un confrère -il l'appellera un concurrent- s'installer sur le même marché que lui, quand humainement il devrait se réjouir d'une telle abondance de légumes accessible à tous.  Le modèle économique en vigueur dicte cette conduite. Rien n'est mis en place pour que nous puissions cheminer vers l'entraide, au contraire. S'organiser collectivement menace les intérêts privés; l'éclosion de liens humains durables est empêchée.

Les séquelles de cette histoire ne sont pas seulement physiques; nous actons avec effroi l'extinction des espèces, la pollution sans précédent de tout le globe terrestre, l'impasse dans laquelle la logique même du profit et de la concurrence mènent. Nos esprits aussi sont gravement contaminés par le monopole d'un fonctionnement pervers qui est celui de toute une société après deux cent ans de destruction consciencieuse des liens sociaux, de la fraternité, de l'entraide inhérentes à la condition humaine. Après ce bref balayage sombre de l'histoire, qui nécessiterait une étude approfondie pour que l'on soit conscient de ce qui s'est véritablement tramé tout au long des deux cent dernières années et qui n'est autre que la soumission physique et spirituelle de tout un peuple à l'implacable logique capitaliste, revenons à l'argent, revenons à la permaculture.

 Ce détour m'était indispensable pour montrer à quel point la critique même de l'argent et du mode de relation marchande qui existe aujourd'hui va bien au-delà du simple « le vilain monsieur fait payer trop cher sa formation en permaculture ». Chaque fois que nous utilisons l'argent, nous cautionnons malgré nous un système d'échange délétère mis en place pour nous désunir, nous séparer, nous exploiter. Nous sommes devenus nos propres exploiteurs, et nous exploitons maintenant nos frères humains sur une exploitation agricole! Je ne dis pas que la solution à cet immense problème est simple, je me cantonne à marteler la nécessité d'avoir conscience de l'urgence de cheminer vers la gratuité, en prenant en compte de façon pratique les besoins de chacun. Andy et sa femme disposent déjà de quarante hectares, et vendent des formations de permaculture à des personnes qui ne disposent pas de 100m2 pour jardiner, et qui viennent rêver trois jours sur une terre alors qu'eux-mêmes, au vu des contraintes qui pèsent pour avoir accès au foncier, ne pourront peut-être jamais acquérir? Quand parlera-t-on franchement et ouvertement du partage des richesses, des besoins premiers de chacun, de savoir s'il sont satisfaits ou non, et de mesurer l'usage de l'argent en fonction de ces critères? Quid de la décroissance?

Vous dites dans votre réponse à notre émission de radio: « Dans les faits, les chantiers sont très souvent réciproques et on finit toujours par avoir un retour, du moment que l'on acquiert un terrain -ce qui est d'ailleurs facilité par le réseau ainsi constitué.» Je suis loin de partager votre enthousiasme! Qui parvient aujourd'hui à acheter un terrain, qui peut s'installer et vivre , dans le sens habiter et cultiver, et non pas exploiter et vendre? N'y a-t-il pas de réelles disparités selon les capitaux de chacun, les plus riches ayant accès au « terrain constructible » où ils ont le droit d'habiter, les autres n'ayant accès qu'au « terrain agricole » où il devront justifier d'une activité agricole rémunérée pour avoir le droit de mettre un petit chalet terre-paille, besoin premier d'un être humain, un toit ! Terrain constructible/agricole: aucune des deux solutions n'est satisfaisante, ce duo partitionne la vie en lieu dortoir/ lieu professionnel. Pour que la permaculture puisse se déployer durablement, nous devons nous extraire de ce découpage arbitraire imposé pour nous contraindre toujours plus.

Le problème de l'accès au foncier, des lois qui séparent l'agricole du constructible ne constituent-ils pas une question centrale sur laquelle devrait se pencher urgemment, et avec une attention extrême, l'ensemble de ceux qui veulent voir s'épanouir la permaculture partout, afin de trouver une réponse collective à ce problème qui nous concerne tous, et qui freine l'avancée de la permaculture avant toute autre chose, avant tout problème de compétence, de connaissances, de formation? Ou devrons-nous nous résigner à des solutions individuelles: chacun se débrouille comme il peut, devient formateur en permaculture pour financer l'achat de son terrain, ou se tourne vers la banque pour emprunter, et élaborer un « projet » économique pendant dix ans ou vingt ans, pour vendre des légumes et obtenir ainsi le droit d'habiter un petit bout de terre, moyennant remboursement de crédit à un organisme bancaire qui se frotte les mains de cette mise en application de la permaculture? Et comment appuyer ceux qui font le choix d'outrepasser les lois et d'aménager dignement leur terrain « agricole » sous menace d'expulsion ou de discrédit ? Ne devons-nous pas collectiviser ces questionnements et faire front face à des lois iniques, plutôt que plonger toujours plus profondément dans la logique marchande, ou tout devient soumis aux règles de l'argent?

Je vous rejoins en partie seulement sur l'analyse de la disparité entre un paysan « conventionnel » et un permaculteur. Ces deux définitions se situent dans la sphère marchande et correspondent à un métier, donc à un revenu... Or l'objectif de la permaculture se situe au-delà de la sphère marchande. Le paysan « conventionnel » est évidemment plus « avantagé »  (je parle dans le cadre de la sphère marchande car de manière plus élargie il est soumis comme tout autre à l'esclavage moderne), puisque son activité même est reliée à une économie, donc participe au maintien des banques. Les politiques libérales en place encourageront et subventionneront son activité, avec des disparités énormes selon la taille de « l'exploitation ». La permaculture, en revanche, est plus nuancée: certains souhaitent en effet retirer un petit revenu de leur activité, mais on pressent que l'idée qui sous-tend cela est de s'établir durablement, de s'extraire peu à peu des contraintes liées au monde de l'argent, de créer des réseaux d'entraide. Alors évidemment, on rechigne à subventionner l'autonomie, car il n'y aura aucun retour sur investissement.

Le film fait l'erreur d'associer réussite de la permaculture et réussite professionnelle, alors qu'au contraire l'activité professionnelle est transitoire, ou alors synonyme d'échec de la permaculture, qui n'aura pas atteint ses objectifs d'autonomie. Si l'objectif final est de créer un monde d'abondance et d'entraide qui rendrait obsolète les rapports commerciaux entre nous, un permaculteur qui aurait réussir à monter son activité professionnelle ne serait qu'en chemin vers l'autonomie. La ferme du bec Hellouin qui est l'exemple d'un succès, témoigne pour moi d'une erreur de cible!

Et puis, je pense qu'aujourd'hui nous nous leurrons. Retirer un salaire de la permaculture aujourd'hui, pour un « petit », quelqu'un qui part avec peu de ressource, et sans mécanisation, me parait totalement illusoire au vu de ce que nous avons en face de nous: une concurrence déchaînée, des agriculteurs qui disposent de centaines d'hectares et de machines effroyables qui vomissent des légumes. Nous ne sommes pas de taille à rivaliser avec cette monstruosité. Nous sommes trop petits. Nous nous échinons à construire, à la force de nos mains, isolés les uns des autres sur nos parcelles individuelles, un poulailler, une cave, une cabane, sans mécanisation ou le moins possible. Pendant ce temps un petit nombre accapare une technologie incroyablement complexe qui dérègle toutes les données. Le prix des matières premières est indexé à parir du rendement faramineux de cette machines folles, comment rivaliser avec de telles puissances sinon en s'organisant collectivement? Pour pallier à cette impossibilité, les permaculteurs vendent des stages, des formations, du rêve, mais cette solution nous engage sur la mauvaise pente: c'est le capitalisme qu'il nous faut détruire, non pas s'adapter à lui sans cesse pour garder quelques plumes sur notre dos!

La permaculture doit devenir POPULAIRE: à nous de collectiviser nos besoins, de nous enrichir mutuellement de nos savoirs et expériences respectifs, de construire, sur des espaces dévolus à tous des poulaillers, des jardins, des bibliothèques, des mielleries, des espaces de rencontre, des vergers collectifs, (...). À nous de définir des espaces individuels et d'autres communs, à nous de mettre en place le partage des ressources en nous libérant progressivement du joug de l'argent, en prenant en compte les réalités d'aujourd'hui sans oublier l'objectif de demain. Nous ne pouvons faire impasse sur la réappropriation de l'en commun, ni sur la question politique, car ce sont aujourd'hui les deux principaux freins à l'essor de la permaculture et à l'instauration d'une société qui prendrait soin de tous et de chacun. Nous n'avons pas d'autres choix !!!

 Mathilde Anstett pour descolarisation.org

 


Procès de Freddy Malot: pourquoi personne n'en parle?

Sun, 02 Jul 2017 09:14:35 +0000 - (source)

omertaDemain lundi 3 juillet à 14H aura lieu le procès de Freddy Malot au T.G.I de Lyon

La date a été communiquée largement par nos amis de l'Église-réaliste pour rendre public le débat qui va avoir lieu demain au tribunal, pour que chacun puisse venir s'y faire une idée, et statuer en son âme et conscience -car peut-on compter sur la légimité d'un jugement au tribunal, aujourd'hui, quand toute la sphère politique et donc juridique repose entre les mains des tenants de l'économie capitaliste qui ravage le monde? Il importe que chacun forge de manière autonome son esprit critique, et voilà une belle occasion de le faire: deux pensées radicalement opposées vont s'affronter demain au tribunal:

-L'une, soutenue par l'accusé, soutient que le régime dans lequel nous vivons est despotique, tyrannique, à l'encontre des droits du peuple, de la liberté individuelle et de l'égalité entre tous conciliés. Un impressionnant bagage historique étaie cette position, avec une lecture de l'histoire très éloignée de celle enseignée dans les sanctuaires scolaires. Freddy Malot et ses amis dénoncent, et je me joins à eux, l'horreur du régime en place, régime impérialiste, vendeur d'armes, qui génère sur son passage la misère des peuples et inévitablement, la colère, la tristesse, le désarroi, l'accablement. L'élection est un leurre mis en place sciemment par une poignée de dirigeants sournois -Lamartine, puis Thiers un peu plus tard, dans le but avéré de créer l'illusion de la démocratie, de tromper le peuple un peu trop fougueux à son goût, tout ceci pour que la caste dominante en place puisse poursuivre sans être perturbée par la populace son oeuvre d'accaparement du monde et d'asservissement des peuples. Mais nous ne sommes pas tous dupes de ces stratégies, et l'histoire a laissé des traces. Les écrits de ceux qu'on a voulu écarter de ces manoeuvres, parce qu'ils tentaient de freiner la folie des dirigeants, subsistent. Les preuves s'accumulent, mais l'illusion et la peur se sont instillés partout, et nous avons encore peine à réagir et à réclamer justice.

-L'autre parti, les magistrats accusés par Freddy Malot, et donc tout près l'État français, soutient que nous vivons dans un état de droit, de justice, de liberté, d'égalité et de fraternité, d'amour, de joie, de prospérité, d'excellence et de pureté et que ceux qui ont la désobligeance de penser différemment sont des fous, des terroristes ou des personnes de mauvaise foi!

Ci dessous, la liste de tous les organes de presse et associations censées favoriser la liberté d'opinion, d'expression qui ont été contactés par Freddy Malot et ses amis. Aujourd'hui, la curiosité m'a poussé à faire une petite recherche Google pour voir comment l'information avait été relayée. Je n'ai RIEN trouvé!!! Comment étouffer le débat mieux que par l'oubli???

Destinataires

• Agence de Presse Mondiale (> 400) : AFP, Reuters Holdings, Associated Press, United Press International, Ansa (Italie), Deutsche Press Agentur (Allemagne), EFF (Espagne), Itar Tass (Russie), Jiji Press (Japon), Kyodo Trust of India (Inde), Xin Hua (Chine), Algérie Presse Service…

• Presse nationale : Figaro, le Monde, Libération, l’Humanité, Valeurs Actuelles...

Et internationale : Der Stern, Der Tagesspiegel, Die Welt, Berliner Zeitung.. (Allemagne), The Times, The Daily Telegraph, The Guardian, The Independent, The Economist... (Angleterre), TIME, The Wall Street Journal, USA Today, The New York Times, Los Angeles Times, The Washington Post, Daily News, New York Post (USA), El Pais, El Mundo... (Espagne), et Italie, Suisse, Chine, Turquie, Corée du Nord et Sud, Philippines, Indonésie, Inde, Pakistan, Syrie, Libye, Algérie, Maroc, Tunisie, Madagascar, Guyane, Afrique francophone…

+ télés et internet (Wikileaks, Médiapart, Association de Lanceurs d’alerte…)

• Droit : Juristes, Avocats, Juges, Bâtonniers, TGI de France, Parlement Européen, Union & Cour Européennes, Commission & Conseil Européens, Conseil de la Magistrature, Défenseur des Droits, CPI La Haye, Cour de Cassation...

• Partis politiques et Syndicats : France & Europe.

• Think-tanks (>100) : Brookings Institution, Chatham House, Royal Institute of International Affairs, Carnegie Endowment for International Peace, Council of Foreign Relations, Center for Strategic and International Studies (CSIS), RAND Corporation, Amnesty International, Transparency International, International Crisis Group (ICG), Peterson Institute for International Economics...

• Gouvernement MACRON (1er & 2nd) : Président, 1er Ministre, Intérieur, Justice.

• Associatif : LDH, Amnesty, Reporters Sans Frontières...


• Les « intéressés » directement : les 2 juges accusateurs (J. Aubriot, P. Duclos), le Procureur et le Bâtonnier du TGI Lyon, le Juge de l’audience du 3.07.17, Commissariat Lyon 7ème, Commissariat Lyon 3ème/6ème.

J'invite chacun à se forger sa propre opinion, mais comment faire si nous n'avons pas connaissance de toutes les informations requises pour cela? La quasi totalité de la presse appartient à des milliardaires, et les informations sont filtrées. L'opinion véhiculée par ces médias nous enjoint sans cesse à penser ce qu'il faut penser, à dire ce qu'il est bien ou mal de croire, définit la ligne entre ceux qui sont bons et ceux qui sont méchants, de manière implacable. On est séditeux ou dangereux si on visite un site stigmatisé par les médias officiels. On nous retire en permanence la faculté d'êtres intelligents, capables de penser par nous mêmes, capables de faire la part des choses, de faire le tri dans les informations que l'on lit, de nous forger une opinion individuelle. On nous "protège" sans cesse des pensées des autres sitôt qu'elles remettent en question l'ordre établi. Car pour se maintenir, le système en place a besoin de notre validation sans cesse renouvelée. Le jour où une majorité d'entre nous le lâchons, le jour où nous admettons qu'il n'est pas favorable à la mise en place d'une société convenable, nous cheminerons tous vers un autre type d'organisation sociale, mille fois plus avantageux pour chacun d'entre nous.

La pensée développée par l'Église réaliste est très dense et très touffue, à mon sens pas toujours accessible de par un vocabulaire très spécifique qui demande du temps pour être décrypté. Je remets en doubon le lien vers le site de l'église réaliste pour que chacun aille explorer à sa guise. Pour ma part j'examine encore certains des choix pris dans leur militance et je n'y apporte pas tout mon soutien. MAIS je souligne le courage d'une telle entreprise, celle d'assumer haut et fort le désaccord total avec le système en place aujourd'hui. Après approfondissement et nombreuses lectures, je REMERCIE l'immense travail historique de recherche, qui permet une compréhension beaucoup plus fine des enjeux d'hier et d'aujourd'hui et qui met à jour de manière incontestable la nature du sytème politique en place, ses intérets totalement contraires à ceux du peuple. Je DÉNONCE le silence des médias, l'impossibilité de faire naître un débat public sur des thèmes qui nous concernent tous et dont l'urgence devient pressante, au vu des déastres écologiques, de la destruction des écosytèmes et groupes humains engendrés par la structure même du pouvoir en place, où quelques-uns pillent les ressources communes de tous sans qu'aucun contrepoids ni résistance ne soient suffisamment puissants pour empêcher cela. J'INVITE chacun à se forger sa propre opinion,  à ressentir au fond de son coeur où se situe la justesse, la justice, la bonne volonté, et où se trouvent le mensonge, la calomnie, le danger. Restons insoumis aux injonctions du dehors, résistons à la pensée normative et aux multiples injonctions pour nous faire penser ce qui a été défini d'avance, et faisons confiance à notre libre-arbitre; soyons curieux et ouverts d'esprits, laissons en nous se développer cette part de créativité et d'imagination qui repose en chacun d'entre nous!

Car nous sommes nés libres et égaux, chacun ayant sa part pour construire et imaginer le monde de demain, ne l'oublions pas quand bien même la servitude et la domination règnent aujourd'hui sans partage!!!

Je serai pour ma part présente à ce procès, en soutien à mes amis, et pour observer de mes propres yeux ce qui va se jouer, car les adversaires sont de taille et l'enjeu est immense.

 


Je veille sur Mammon

Thu, 29 Jun 2017 11:05:32 +0000 - (source)
je veille sur mammonLe « sert-vice » de La Poste « Je veille sur mes parents » ne dit pas clairement son véritable nom. Il s'agit en fait de « Je veille sur Mammon », ou même « Nous veillons sur le règne absolu et final de Mammon sur terre ».
Mammon, c'est le Dieu Argent. C'est une des nombreuses versions du diabolos (le diviseur) ; la version la plus agressive de toutes.
Dans la 4ème vidéo à propos de « Je veille sur mes parents » publiée hier sur www.descolarisation.org, la factrice à l’œuvre arbore une croix chrétienne bien visible.
Elle serait « chrétienne »... ? Je pose encore et toujours la même question depuis au moins 20 ans : est-on chrétien de se reconnaître dans les assassins du Christ ou bien est-on chrétien de chercher à imiter Jésus Christ ?
Bien-sûr, être homme, c'est être pécheur. Les chrétiens sont pécheurs. Mais le chrétien, parce qu'il est chrétien ne pêche pas dans tout, il ne peut pas être aveugle sur tout et s'il pêche, il le sait au moins à posteriori (voire à priori). Et il ne peut pas se tromper sur un certain nombre de sujets bien précis. En premier desquels : le principe de la charité.
Le chrétien vit avec cette idée que l'amour de Dieu se manifeste dans le lien d'affection spontané et gratuit entre les hommes que l'on nomme AMITIÉ ou CHARITÉ (la charité n'est pas de faire l’aumône aux pauvres, la charité, c'est « l'amour du prochain » dont parle Jésus). L'amitié ou la charité est ce qui s'oppose au diabolos et à Mammon (Dieu Argent).
L'argent et l'amitié sont deux maîtres qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, si bien que la Bible nous enseigne que nul ne peut servir deux maîtres, et que soit vous êtes dans l'un et vous haïssez l'autre, soit vous êtes dans l'autre et vous haïssez le premier. C'est soit l'un, soit l'autre.
Soit vous êtes dans le monde de l'argent, soit dans celui de l'amitié. Bien-sûr le chrétien peut être pécheur et se perdre un instant dans le monde de l'argent, mais le chrétien, s'il est chrétien, sait qu'il change de maître et qu'il n'a pas le droit de se la faire à l'envers (ou de nous la faire à l'envers) en osant dire qu'il peut avoir deux maîtres en même temps.
Dans « Je veille sur mes parents », on affiche clairement que le sujet c'est la charité : veiller sur l'autre, veiller les uns sur les autres, prendre soin de l'autre, prendre soin les uns des autres, nous aimer ; et dans le même temps on OSE (le mot est faible) dire que cette charité de Jésus-Christ coûte tant. On OSE dire qu'on sert deux maîtres en même temps : Dieu et Mammon alors que c'est totalement impossible. Et cela est réalisé en prime par une dame qui porte la croix de Jésus Christ autour de son cou...
N'importe qui, même quelqu'un qui ne se dit pas chrétien, qui vient à l'aide d'une personne par CHARITÉ/AMITIÉ se sent insulté si on vient lui proposer de l'argent en contrepartie. C'est dans ce genre de sentiment évident qu'on peut percevoir que l'idée biblique du « nul ne peut servir deux maîtres » est absolument vraie.
Et pourtant, les responsables actuels de La Poste ont décidé de crucifier le sauveur.
Veiller sur ses parents... Veiller... se soucier de l'autre... prendre souci de la personne qui nous a donné la vie... prendre souci des personnes qui vivent proche de soi... devenu la proie totale du Dieu Argent...
La décadence du monde est effectivement terminale.

Des hordes de chrétiens devraient se soulever partout pour reprendre à Mammon ce qui est la propriété de Dieu.

Bien-sûr, Mammon/le diabolos s'est organisé depuis longtemps pour rendre caduque la langue biblique que j'emploie dans ce message. Que ceux qui voient seulement ici, une langue révolue de religieux-à-la-con, médite sérieusement le passage de Luc en oubliant un instant qu'il s'agit de la Bible :
« Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. Ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent»
« Nul ne peut servir deux maîtres...» Ce n'est ni une langue ni un langage, il n'y a là aucune discrétisation, aucun engrammage qui compte, car il y a là une Idée pure qui rentre directement en vibration avec les couches les plus profondes de notre être intime.
 
Sylvain, Anarchiste Chrétien et Chrétien Anarchiste.

« Y'a toujours plus profond que le fond » — Mano Solo

Wed, 28 Jun 2017 07:06:31 +0000 - (source)


Toute nouvelle conférence de Franck Nathié — synergie humaine

Tue, 27 Jun 2017 14:59:22 +0000 - (source)

 

Prendre soin de l’humain pour prendre soin de la terre

 

Très très bon, mais encore et toujours les éléments de business et de fric (de Design et de mon cul sur la commode) à mettre à la poubelle.


Exemple théâtralisé d'un éthos salvateur — être « constituant » dans l'âme

Tue, 27 Jun 2017 13:54:00 +0000 - (source)

Merci Étienne, ça c'est top !

Ça et planter des arbres et tout y est !


Hitler face à la déscolarisation de la société

Fri, 23 Jun 2017 15:25:21 +0000 - (source)

Pour le plaisir de la revoir et pour ceux qui ne l'auraient pas encore vue, nous republions la vidéo suivante avec le sieur Hitler :


La permaculture En Marche ! Business et Scolarisation !

Sun, 18 Jun 2017 15:24:59 +0000 - (source)


L'Éveil des Cours Certifiés de permaculture. DRAME.

Thu, 15 Jun 2017 09:50:06 +0000 - (source)

 

l'éveilLe documentaire « L'Éveil de la permaculture » est en fait un film propagande sur l'éveil du business et de la scolarisation de la permaculture.

LA CORRUPTION DU MEILLEUR ENGENDRE LE PIRE...

En salle depuis le mois d'avril, le documentaire « L'Éveil de la permaculture » est en fait un film promotionnel au bénéfice de ceux qui tentent de récupérer et de corrompre la permaculture.
On ne pensait pas que ça serait possible tant la permaculture représente le dernier espoir pour l'humanité et la dernière révolution possible. Mais apparemment, comme on nous a toujours volé les révolutions, certains tentent de voler y compris celle de la dernière chance.
La permaculture invite chacun de nous, par l'évidence du soin et de l'attention, à agrader son environnement immédiat pour bâtir des écosystèmes auto-fertiles, permanents et nourriciers, en boostant toutes les synergies possibles à l'intérieur du vivant et en prenant pour modèle la forêt.
Mais la permaculture est en train d'être pervertie par le business et par sa scolarisation / institutionnalisation.
On avait déjà nos "profs" qui se prennent pour Dieu, mais voilà une nouvelle génération de profs avec les dents encore plus longues qui prétend carrément posséder les savoirs liés aux synergies dans le cosmos.​
Je ne pensais vraiment pas que la permaculture serait récupérée tant cette recherche de synergie concoure de fait à l'autonomie individuelle et collective, et à des systèmes humains communautaires. Eh bien, non, des gens sont en train d'accomplir l'impossible, c'est-à-dire de rendre hétéronome l'autonomie elle-même. C'est pourquoi le film est gorgé jusqu'à la lie de contradictions (toutes les deux minutes, on dit une chose et son contraire). Il s'agit sans doute d'un film pour dire toute la schizophrénie qui caractérise les individus de cette fin de civilisation.
L'esthétique du documentaire — au lieu d'être celle du jardin d'Éden — est intégralement celle de « la formation » et de la scolarisation à fond les manettes. Une quantité dingue de plans sur des stylos-bics et des cahiers ; une quantité quasi totale de situations d'enseignements avec la dichotomie prof/élève est surexploitée. Situations scolaires et scolarisantes en pagaille, quand la permaculture est justement DÉSCOLARISATION, et désinstitutionnalisation des rapports, pour que les richesses de chacun puissent s'épanouir et pour qu'aucun frein ne soit mis à l'agradation !
La permaculture invite à un foisonnement à l'horizontal à l'instar de ce qui se passe dans la nature, chaque espèce pouvant jouer sa partition. Mais là non, on a des chefs de files qui s'engraissent et qui profitent du travail de fourmis de tous leurs "stagiaires". Ils peuvent effectivement avoir des lieux exceptionnels puisqu'ils arrivent constamment à avoir des ouvriers qui payent très cher pour pouvoir œuvrer chez eux. Ça doit sûrement être ça le tout dernier stade du capitalisme : avoir des ouvriers qui payent très cher pour travailler.
Ce documentaire montre aussi (et apparemment malgré lui) ce qu'est une institutionnalisation larvée... Ils disent que tout ceci se développe "hors-institution", alors que les briques qui sont progressivement assemblées sont les fondations classiques de toutes les institutionnalisations du passé. Tout se met en place pour les futurs processus de distinction, de légitimation, LABEL (étymos : divisions, lambeaux), hiérarchies et autres, car toutes ces choses sont déjà là, larvées, en creux, prêtes à bondir à la gorge du monde (une fois de plus).
Un jargon et des concepts inutiles sont créés de toutes pièces pour faire montre d'une complexité/technicité et d'une nécessaire capitalisation du savoir.
Alors que la permaculture s'ancre dans le présent et va directement du cœur à la main. Le concept qui a la palme de l'enfumage et de l'énergie diabolique est celui de « DESIGN »... Quelle HORREUR !
Ce mot « Design » cache Prométhée et Descartes. Le drame de notre civilisation est notre tempérament et mœurs prométhéens et cartésiens.
Le « design », en permaculture, nous invite à quitter le jardin, pour sortir papier, stylo et ordinateur pour modéliser, planifier, prévoir, de façon démiurgique et prométhéenne comme si l'être humain pouvait connaître et appréhender (et donc prévoir) l'infini des interactions du vivant. Qui peut réellement dire ce que l'implantation d'un groseillier à tel endroit va faire sur l'angélique, l'ortie, le tilleul et toutes les autres espèces et toute la biologie, la physique et la chimie à proximité ?? Personne !!! Sauf Dieu ! Donc, personne !!
La permaculture, la vraie, pas celle de ces marchands du temple, est épiméthéenne totalement. Elle nous invite justement à retrouver en nous, en vertu d'un processus de réminiscence (ANAMNÉSIS), la pulsation originelle, pour aller du cœur à la main. Bref, exactement l'inverse du cartésianisme ou de l'attitude prométhéenne. La permaculture invite à l'humilité ! Qu'on m'explique l'humilité de ces nouveaux gourous-marchands !
La permaculture, c'est retrouver LES ÉVIDENCES à partir de ce qu'il y a de plus intime en chacun de nous (qui vient du fond des âges). Et des gens sont en train de s'organiser pour couvrir les évidences d'un voile, pour que devions ensuite payer pour que le voile soit levé par fragments microscopiques.
A chaque révolution, on reprend le chemin des évidences, et des êtres se dressent pour faire obstruction, ou pour nous conduire dans des labyrinthes et des impasses. Ça suffit !! Je pensais que les chiffres à notre époque concernant les destructions du vivant suffiraient à ne plus voir ce genre de comportement revenir pour cette dernière révolution.
Eh bien si ! Ils reviennent ! Ils vont vous parler de Design, de PDC, de Keyline et de Keypoint, de techniques, de diplôme de permaculture, d'université de la permaculture et de leur stage à 1000 Euros etc.. Ils vont donner naissance à des leaders charismatiques qui se prennent pour Dieu et vous enfument pour leur portefeuille. Et ils vont vous faire raquer raquer et encore raquer, distribuant chaque miette de savoir contre rémunération. « L'aliment favori de la chèvre est le frêne » : gling ! 10 cents d'euros ! « Le saule est le premier à s'épanouir pour les abeilles au printemps » gling ! Encore 10 cents ! « La poule mange des vers de terre » gling ! 10 cents !
Pendant des générations, les papys montraient comment greffer, ou autres savoirs, et aujourd'hui, la marchandisation du monde ayant terminé son œuvre diabolique, les techniques de greffes sont vendues comme le reste !
Alors que la permaculture devait signer la fin de la rareté dans la diffusion du savoir, des gens sont en train d'organiser sa rareté avec toutes les techniques modernes à leur disposition (y compris, la propagande de masse via ce film).
Mais ils sont encore un peu dans l’œuf. Il faut donc les tuer dans l’œuf (tuer leur business et leur tentative de scolarisation), avant que ne fleurisse par exemple, le Label « Permaculture » sur les produits des supermarchés, et avant que l'État — éternel complice/instrument des pourris —vienne s’immiscer pour mettre en place un système de validation/légitimation pour venir distinguer les "vrais permaculteurs" (ceux qui ne troublent pas le système capitaliste et l'ordre établi) des "faux" (anarchistes, désobéissants, un peu trop libres).
Et l'État avec la distribution du fric arrive toujours à ses fins, c'est (aussi) pour ça qu'il faut sortir la permaculture des logiques de fric !
Mais putain, on est encore en train de nous voler la Révolution.
Le film est sous-titré : « et si la révolution s'inspirait de la nature ».
Pourtant quand une digue saute dans la nature, il n'y a pas de retour-arrière possible. La digue a sauté ! Aucune espèce de plante va tenter de canaliser le flux pour son profit en matière d'irrigation...
La permaculture, c'est la nature qui se révolte. Le sauvage en nous. J'invite tous les sauvages de la terre à ravager les business de tous ces vendeurs de stages de permaculture à 1000 Euros les 10 jours. J'invite tous les sauvages de la terre à ravager le mouvement de scolarisation de la permaculture au profit d'une continuation du mouvement général de Déscolarisation tous azimuts. J'invite tous les sauvages de la terre à se rassembler pour faire de la permaculture ensemble gratuitement, intégralement gratuitement.
Je joints la chanson de Vaneigem qui dit que nos révolutions sont trahies. Mais maintenant ça suffit !

Nous (comme beaucoup d'autres qui ne sont évidemment pas dans ce documentaire de propagande), organisons là où nous vivons des partages de connaissances permaculturelles pour ZÉRO EURO par jour.
Car l'énergie du cosmos, l'énergie de la permaculture, est celle de la grâce, celle de la gratuité !
 
Gros bisous
Sylvain Rochex - www.descolarisation.org

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